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L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Albert CAMUS

Artiste & Artisan

L'Artiste et l'Artisan trouvent un épanouissement dans leur exigence et une récompense première dans leur conviction d'être aller au plus loin de cette exigence.
A la source commune de leur travail, une sensibilité, une perception accrue, qui donnent naissance à une intention, un projet, qu'une maîtrise technique permet de mener à bien, à mieux.
Au bout une oeuvre accomplie, et exceptionnellement, un chef d'oeuvre.

Stradivari était-il artisan ou artiste ? Les bâtisseurs de cathédrale, artistes ou artisans ?

Les deux vivent pour créer parce que leur vie, leurs jours, leurs heures sont centrés sur leur création, mais cette création n'est jamais une fin en soi, seulement un moyen pour donner à voir.
En ce sens, au delà de leurs contingences, ils créent aussi pour vivre, pour donner à vivre. Leur travail est repliement sur eux-mêmes mais leur oeuvre est diffusion vers les autres, au service commun d'un peu de bien-être au moins, de bonheur peut-être, de beauté et de sens.
Peut-être que chez l'Artiste la recherche de sens prime et s'élabore dans la beauté, quand chez l'Artisan c'est la recherche de beauté qui est première et prend sens. Mais les deux pas loin de l'équilibre.
MS

1 commentaires:

  1. Les deux silencieux mais non moins actifs.

    La Grâce loge un peu plus de sa lumière dans le quotidien d'un Stradivari élevant son âme dans une cathédrale, autant de joyeuse promesse d'abondance entourant le grain de blé douillettement logé en terre.

    Chaque sensibilité cherche son point d'orgue, l'entendant suffisamment avant de le rencontrer qu'elle le reconnait bien avant d'en deviner le murmure.

    Silence frissonnant d'un plaisir bien donné, bien reçu et seulement débuterait l'ouvrage.

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